La Commission européenne a dévoilé, le 7 juillet dernier, sa stratégie européenne pour l’élevage afin de le rendre davantage solide, résilient, et compétitif.
Cette stratégie s’articule autour de cinq grands objectifs dans lesquels s’inscrivent un certain nombre d’actions : renforcer la résilience du secteur, améliorer sa compétitivité, accélérer sa transition durable, tenir compte des spécificités territoriales et valoriser l’excellence de la production européenne.
L’ensemble des actions proposées sera soutenu par la PAC et les autres dispositifs financiers du cadre financier pluriannuel. Mais la Commission propose également de développer, en collaboration avec la BEI, de nouveaux outils financiers, notamment relatifs à la gestion des risques.
Renforcer la résilience du secteur
La Commission européenne propose de travailler avec les institutions financières pour élaborer, dans la perspective du futur CFP 2028-2034, un outil financier consacré à la gestion des risques, qui couvrirait notamment les coûts relatifs aux assurances et réassurances dans le contexte d’aléas climatiques.
En dehors de cet aspect financier, la stratégie pour l’élevage propose de renforcer la prévention, la surveillance et la lutte contre les maladies animales, de réviser les règles européennes régissant les maladies animales et d’encourager le recours à la vaccination préventive, de mettre en place des systèmes d’alerte précoce et des outils numériques, et de renforcer la recherche et l’innovation dans le secteur.
Améliorer la compétitivité du secteur
La Commission européenne propose de travailler à la mise en place, en collaboration avec la BEI, d’un dispositif financier pour le secteur de l’élevage pour soutenir les investissements nécessaires à la transition vers un système plus durable. Elle envisage également de permettre aux agriculteurs engagés dans une transition vers un système d’élevage sans cage de bénéficier plus facilement de prêts.
En dehors de cet aspect financier, la stratégie propose également de soutenir l’économie circulaire, la bioéconomie et la valorisation de la biomasse. La Commission souhaiterait aussi favoriser une meilleure transparence sur la rémunération des agriculteurs pour leurs activités liées à la bioéconomie et la valorisation des sous-produits.
Enfin, la Commission indique vouloir continuer son travail d’alignement des normes applicables aux produits importés en matière de bien-être animal et veiller à une application stricte des règles européennes de sécurité alimentaire.
Accélérer la transition durable du secteur
S’agissant des initiatives législatives, la Commission européenne prévoit de réviser d’ici la fin de l’année 2026, les règles sur le bien-être animal pour les poules pondeuses et les poulets de chair, et plus particulièrement sur : la suppression progressive des cages, la mise en place d’indicateurs pratiques de bien-être animal applicables dans les exploitations, la fin de l’abattage systématique des poussins mâles, l’introduction d’exigences équivalentes pour les produits importés.
D’ici mi-2027, elle prévoit également de réviser les règles relatives au bien-être des porcs, notamment sur les sujets suivants : transition des cages de contention vers des systèmes en enclos, développement d’indicateurs pratiques de bien-être en élevage.
S’agissant de mesures non législatives, la Commission propose de mettre en place une méthodologie harmonisée afin de mesurer les émissions de gaz à effet de serre de l’élevage dans les exploitations, de renforcer les échanges internationaux sur la réduction des émissions dans le cadre du Pacte mondial sur le méthane et d’évaluer l’intégration des réductions d’émissions liées à l’élevage dans le règlement européen sur les absorptions de carbone et l’agriculture du carbone.
Enfin, la stratégie annonce la création d’une plateforme d’ici 2027 qui regroupera un certain nombre de solutions en matière de climat, d’environnement et de bien-être animal. Sur ce sujet des bonnes pratiques, la Commission lancera également un processus pour identifier ces bonnes pratiques dans la mise en œuvre de la directive Nitrates, sur le sujet plus précis des pratiques d’élevage durable et la gestion des nutriments au niveau des exploitations. D’ici 2026, elle présentera également une première évaluation de la possibilité d’étendre l’application du règlement RENURE à certains types de digestats liquides issus d’effluents d’élevage.
Tenir compte des spécificités territoriales
La stratégie pour l’élevage entend apporter des solutions aux territoires ruraux menacés d’abandon de l’activité de culture et de l’élevage en favorisant le maintien ou la relance d’une production animale durable. Sur le sujet des abattoirs, la Commission propose de rédiger une feuille de route pour encourager leur maintien ou leur développement dans les régions rurales.
Valoriser l'excellence de la production européenne
Sur ce sujet, la stratégie intègre les actions suivantes :
- Améliorer l’information sur l’origine des produits
- Créer un dispositif européen d’excellence valorisant les systèmes d’élevage répondant à des critères élevés en matière d’environnement, de climat, d’approvisionnement local et de bien-être animal
- Améliorer la communication sur la qualité des produits d’élevage
- Continuer à soutenir les indications géographiques et la production biologique.


