Le 20 mai 2026, le Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC) a publié une étude alertant sur l’augmentation rapide en Europe des inondations associées à d’autres aléas climatiques extrêmes, comme les sécheresses, les vagues de chaleur ou les tempêtes. Selon les chercheurs, ces inondations ont presque triplé au cours des trente dernières années.
Cette étude s’inscrit dans un contexte de multiplication des événements climatiques extrêmes en Europe. Ces dernières années, plusieurs rapports européens ont déjà mis en évidence l’augmentation des incendies, des sécheresses et des risques d’inondation liés au réchauffement climatique.
Des catastrophes climatiques de plus en plus complexes
L’étude souligne que les inondations ne surviennent que rarement de manière isolée. Plus de 70 % des événements étudiés entre 1981 et 2020 étaient associés à au moins un autre phénomène climatique extrême.
Les chercheurs identifient plusieurs types de combinaisons fréquentes : des périodes de sécheresse suivies de fortes pluies, des tempêtes accompagnées d’inondations, ou encore des vagues de chaleur précédant des épisodes de crues importantes.
Les chercheurs observent une forte augmentation de ces événements complexes depuis les années 1980. Les inondations associées à plusieurs phénomènes climatiques ayant en effet progressé de 186 % entre les années 1980 et les années 2010.
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé plus de 1 300 événements d’inondation à travers l’Europe à l’aide de bases de données climatiques, hydrologiques et économiques, ainsi que de techniques d’intelligence artificielle.
L’exemple des inondations en Émilie-Romagne, en Italie, en 2023, illustre cette évolution : après une longue période de sécheresse, des pluies torrentielles avaient provoqué des crues particulièrement destructrices. Ces phénomènes « composés » aggravent fortement les conséquences humaines, environnementales et économiques des catastrophes naturelles.
Des pertes économiques beaucoup plus importantes
Selon l’étude du JRC, les pertes économiques liées aux inondations combinées à d’autres aléas sont en moyenne près de trois fois plus élevées que celles provoquées par des inondations isolées. Tous les événements figurant parmi les 1 % des inondations les plus coûteuses en Europe étaient des catastrophes composées.
Pourtant les modèles de prévention, les systèmes d’alerte européens, et les assurances, traitent encore souvent les inondations comme des événements indépendants, sans suffisamment prendre en compte les interactions entre différents phénomènes climatiques. Cela oblige aujourd’hui les assurances à revoir leurs modèles de pertes et les cadres de tarification des aléas.
Vers une meilleure anticipation des risques
Face à cela, le JRC appelle à adapter les dispositifs de résilience, ainsi que le cadre législatif. Les chercheurs estiment en effet qu’une meilleure intégration des risques multiples pourrait améliorer les politiques de prévention, les systèmes d’assurance et les stratégies d’adaptation au changement climatique. Ainsi, la deuxième évaluation européenne des risques climatiques, prévue pour 2028, a explicitement identifié les inondations survenant parallèlement à d'autres aléas comme un domaine prioritaire d’analyse approfondie. Cela devrait permettre d’identifier les régions les plus exposées, afin de mieux planifier la protection civile et des interventions plus ciblées.
L’UE développe également un système d’alerte précoce multirisques qui améliorera l’anticipation des événements les plus intenses et les plus dommageables.
Pour plus d’informations
Voir l’étude du Centre commun de recherche de la Commission européenne.


