La Commission européenne présente son Plan d’action pour les engrais

In Actualité de l'Union européenne, Agriculture - Développement Rural by Occitanie Europe

Crédits photo : Commission européenne / John Mosquera

La Commission a proposé le 19 mai une nouvelle stratégie pour les engrais visant à réduire la pression sur les agriculteurs concernant le prix des engrais. Cette stratégie s'inscrit dans un effort tant à court terme dans l'urgence qu'à long terme, pour renforcer l'autonomie stratégique de l'UE et sa résilience.


Contexte

Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de blocage du détroit d'Ormuz, le prix des importations d'ammoniac et d'urée a augmenté de 40% entre février et avril. Ces produits sont largement utilisés pour produire des engrais, dont l'augmentation des coûts se répercutent sur les agriculteurs.

Pour répondre aux difficultés des agriculteurs et à leur demande de mesures urgentes, la Commission a proposé un plan d'action.

 

Le plan d'action

Le document propose tout d'abord une mobilisation du budget de l'UE dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) grâce à la réserve agricole qui sert à financer des mesures d'urgence de soutien à hauteur de 450 millions d'euros par an. La PAC fera bientôt l'objet d'un paquet spécifique pour créer un soutien à la liquidité pour les agriculteurs et qui encourage les États membres à mettre en place un nouvel éco-régime permettant des aides exceptionnelles.

La Commission souhaite aussi lancer une discussion politique réunissant les acteurs de la chaîne de valeur des engrais (producteurs, agriculteurs, États membres) pour favoriser la disponibilité et l'accessibilité des engrais produits dans l'UE et qui pourraient être décarbonés (ammoniac vert ou engrais biosourcés).  Un soutien des projets de biogaz et de biométhane et la valorisation des digestats sont également envisagés.

Au niveau mondial, un suivi de l'évolution des marchés des engrais est prévu. Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF ou CBAM en anglais) pourrait être revu. Il est aussi attendu en juillet une proposition concernant la révision du Système d'Echange de Quotas d'Emissions (SEQE ou ETS en anglais).

Enfin plus largement, la Commission souhaite encourager la diversification des approvisionnements avec différentes partenariats internationaux.

 

Des réactions mitigées

Les organisations agricoles européennes ont salué les mesures présentées, notamment concernant celles sur le court terme, mais elles soulignent aussi des dispositions trop vagues, un manque d'engagements concrets et de dérogations. Elles ont aussi insisté sur la nécessité de mesures de liquidité immédiates et ont critiqué un soutien fragmenté qui dépend des États membres.

Les ONG comme le Bureau européen de l'environnement critiquent le manque de réponses aux causes structurelles de la crise et qui renforcent un modèle agricole déjà dépendant aux énergies fossiles.

Quant au ministres de l'Agriculture des États membres, ils ont également accueilli la stratégie tout en soulignant les insuffisances des mesures.

 


Pour plus d'information

Article de la Commission

Article du Parlement européen