Réponse européenne à la situation au Moyen-Orient et ses conséquences énergétiques

In Action Extérieure, Énergie - Environnement - Climat by Occitanie Europe

Crédits : Commission - Service audiovisuel / Photographe : Christophe Licoppe

Après plusieurs semaines de bombardements en Iran et des flux maritimes bloqués dans le détroit d'Ormuz, les conséquences énergétiques se font ressentir en Europe.


Contexte

 

Suite à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, le détroit d'Ormuz permettant l'acheminement d'engrais et de 20% du pétrole mondial depuis les pays du Golfe a été bloqué et des infrastructures énergétiques bombardées. Depuis, le prix du baril de pétrole fluctue à la hausse, ce qui a un effet direct sur les industries (et la compétitivité des entreprises) et les consommateurs. Le pétrole compte pour 37,7% mix énergétique européen en 2023.

Lundi 16 mars, la présidente de la Commission affirmait que la guerre au Moyen-Orient avait déjà coûté "6 milliards d'euros à l'UE en importations de combustibles fossiles".

Si 7 pays européens se disent prêts à contribuer à la sécurité du détroit, le président des Etats-Unis D. TRUMP reste en posture offensive en menaçant de bombarder une île stratégique du détroit. Dans un contexte incertain et de restriction des flux de pétrole, un risque pour la sécurité d'approvisionnement de l'UE et de crise énergétique plane.


Etat des lieux de la situation

 

A ce jour, il a été estimé que les stocks de pétrole étaient hauts et ceux de gaz inférieurs à la moyenne même s'ils restent toutefois stables. La saison de remplissage des réserves de gaz ayant débuté, les pays européens prévoient un approvisionnement coordonné et davantage de flexibilité au vu des prix du marché. L'état des stocks sera régulièrement réévalué.

Depuis 2025, l'UE s'est lancé un objectif de diversification des sources énergétiques, notamment pour mettre fin à la dépendance russe (plan REPowerEU).

Sur le plan de l'offre, l'Agence internationale de l'énergie a libéré 400 millions de barils de pétrole issus des réserves d'urgence des pays membres.

 

Les mesures envisagées en cours de discussion

 

La Commission a été chargée, le 19 mars, par les dirigeants européens de proposer une boîte à outils de mesures ciblées et temporaires. Plusieurs mesures pourraient être envisagées. Tout d'abord, il a été question d'avoir recours à des aides d'Etat, cependant cet outil risque de créer des distorsions de marché. Une autre option serait celle de l'activation de mesures d'urgence comme en 2022, avec la subvention et le plafonnement des prix du gaz. L'instrument AgregateEU pourrait à nouveau être utilisé pour permettre des achats communs de gaz.

Les Etats membres ont été encouragés à réduire les taxes sur l'énergie, l'UE de son côté travaillera à réduire les charges administratives dans le cadre de REPower EU pour supprimer les obstacles à l'importation de gaz non-russe. La révision du système d'échange de quotas d'émissions (ETS), qui devrait intervenir avant juillet, permettra de flexibiliser, voire d'exempter, le secteur de l'énergie.

Un approfondissement des échanges avec la Norvège pourrait permettre de palier en partie au besoin en énergie et l'accélération de la transition énergétique vers des sources renouvelables soutiendra l'objectif d'indépendance énergétique.

 

Et en France ?

 

Le gouvernement a annoncé un plan d'aide aux professionnels les plus touchés pour un montant de 70 millions d'euros (agriculteurs, pêcheurs, transporteurs routiers).

 

Pour la suite, tout dépendra de la durée et de l'escalade du conflit.


Pour plus d'information

Communiqué de presse de la Commission 19/03

Article de Toute l'Europe : Guerre en Iran : tout ce qu'il faut retenir de cette quatrième semaine et ses conséquences pour l'Union européenne