Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
L'Union européenne a conclu les négociations, mardi 23 mars, pour un accord avec l'Australie portant sur le libre-échange et la défense.
Contexte
Après la conclusion des négociations de la première partie de l'accord UE-Mercosur, un nouvel accord de libre échange avec l'Inde, l'Union se tourne désormais vers l'Australie pour diversifier ses partenariats. Les négociations de cet accord avaient débuté en 2018, pour prendre fin 8 ans plus tard.
L'accord de libre-échange
Ce nouvel accord de libre-échange avec l'Australie permet de supprimer 99 % des droits de douane dans les deux sens. Il contribuera à plus d'échanges entre les deux pays avec une hausse de 33 % des exportations de prévue.
Pour l'Union européenne, cela signifie un accès à des matières premières critiques (lithium, cobalt, nickel, terres rares), dont la dépendance à certains pays comme la Chine pourrait être très coûteuse. L'accord prévoit aussi l'exportation de fromage, vins, fruits et légumes, chocolat ou encore des produits transformés. Enfin, le secteur automobile sera aussi libéralisé à l'exception des camions et des voitures de luxe. Dans les deux sens, le commerce numérique et le marché des services devraient connaître de nouveaux débouchés.
Pour la France, cet accord sera avantageux pour les secteurs de l'aéronautique, des transports, des équipements industriels, de la chimie, des services, de l'énergie ou de certaines filières agroalimentaires de qualité.
Des sécurités ont été introduites pour les producteurs européens : des quotas tarifaires sont prévus pour les secteurs agricoles sensibles (bœuf, agneau, sucre, produits laitiers, riz), certains produits sidérurgiques sont exclus de l'accord et une clause de sauvegarde a été ajoutée pour protéger d'une forte augmentation des importations susceptible de nuire au marché. En effet, l'Australie est le premier exportateur mondial de viande de mouton et deuxième exportateur de viande bovine et de sucre, ce point sensible pour les éleveurs et agriculteurs européens fait l'objet de certaines garanties. De plus, 231 indications géographiques (IG) de spiritueux et 165 IG agricoles et alimentaires européens seront protégées. Les normes sanitaires européennes seront également appliquées à tous les produits importés.
L'accord comprend également un chapitre sur le commerce et le développement durable comportant des engagements sur le travail, l'environnement, le climat, l'égalité homme-femme, ainsi que sur les droits de l'homme et la démocratie.
Le partenariat de sécurité et de défense
Parallèlement, un partenariat de sécurité et défense permettra l'ouverture d'un dialogue, un renforcement de la coopération dans les domaines de gestion de crise, de lutte contre les menaces hybrides ou la manipulation d'informations étrangères. Enfin, ce partenariat ouvrira à une coordination sur le sujet des technologies de rupture. C'est l'occasion pour l'Union de renforcer ses partenariats dans la région stratégique de l'Indo-Pacifique.
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