La France et l’Allemagne ont appelé l’Union européenne à renforcer ses capacités de réaction face aux pratiques commerciales jugées déloyales de certains pays tiers. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz proposent de consolider les instruments européens de défense commerciale afin de permettre à l’Union de réagir plus rapidement lorsqu’un pays porte atteinte à ses intérêts économiques.
Selon les deux dirigeants, certaines « pratiques systémiques qui faussent le fonctionnement des marchés » constituent une menace croissante pour l’économie et l’industrie européennes. Sans mentionner explicitement un pays, leur initiative s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les déséquilibres commerciaux et les distorsions de concurrence observés sur les marchés mondiaux.
La proposition franco-allemande repose sur la création de deux nouveaux instruments. Le premier viserait à limiter les situations dans lesquelles les entreprises européennes dépendent excessivement d’une source unique d’approvisionnement pour certains produits ou ressources stratégiques. L’objectif est de renforcer la diversification des chaînes d’approvisionnement et la sécurité économique de l’Union.
Le second instrument permettrait de restreindre l’accès au marché unique européen aux pays qui faussent les conditions de concurrence par des moyens politiques ou économiques. Les modalités précises d’activation de cet outil restent à définir, le document ne précisant ni les situations qui pourraient déclencher une telle réponse européenne ni la nature exacte des mesures qui seraient appliquées.
Les deux dirigeants souhaitent également faciliter la prise de décision au niveau européen. Ils proposent que les contre-mesures envisagées par la Commission européenne puissent être adoptées automatiquement, sauf si une majorité qualifiée d’États membres s’y oppose. Cette approche permettrait à l’Union d’agir plus rapidement, potentiellement en quelques jours, lorsqu’elle estime que ses intérêts économiques sont menacés.
Ces propositions seront discutées dans les prochaines semaines au sein des institutions européennes. Leur mise en œuvre nécessiterait toutefois l’accord des gouvernements des États membres ainsi que du Parlement européen.


