La COP23 reconnaît l’importance de l’égalité des sexes dans la lutte contre le changement climatique

Un plan d'action en faveur de l'égalité des sexes a été adopté à la COP23 à Bonn le mercredi 15 novembre 2017.

Les femmes et le changement climatique

Selon le PNUD, les femmes et les enfants ont 14 fois plus de risques de mourir que les hommes lors d'une catastrophe climatique. De même, comme le souligne Laurence Tubiana, Ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique lors de la COP21, "les 'réfugiés climatiques' forcés de quitter leur foyer à cause des effets du changement climatique seront en majorité des femmes avec leurs enfants."

Cela s'explique notamment par le fait que leurs moyens de subsistance dépendent en plus grande partie de ressources naturelles sensibles aux aléas climatiques. De plus, elles produisent une grande partie de la nourriture dans les pays en voie de développement et leur activité est donc rapidement affectée par le changement climatique.

Dans de nombreux pays en développement, les femmes sont les premières victimes des conséquences du changement climatique. Pourtant, elles sont très peu représentées dans les institutions décisionnelles, notamment parmi les institutions de négociations à la COP.

Les mesures prises lors de la COP

Pour remédier à la sous-représentation des femmes, un plan visant à reconnaître le rôle des femmes sur le terrain et à accroître leur représentation dans les organes de décision de l'ONU avait été élaboré en 2014 lors de la COP20. Dans les accords de Paris, trois références aux enjeux spécifiques liés aux femmes sont faites, la première intervenant dès le préambule.

Dans la continuité de ces textes, la présidence fidjienne avait fait des questions de genre une des quatre grandes thématiques pour cette année. Dans ce cadre, un plan d'action sur les questions de genre et le changement climatique a été adopté à Bonn lors de la COP23. Il vise à faire en sorte que les femmes participent pleinement, réellement et sur un pied d'égalité. Il devrait également permettre de promouvoir des politiques climatiques favorisant l'égalité des sexes et l'intégration d'une perspective de genre dans la mise en œuvre. L'intégration systématique des questions d'égalité des sexes dans les politiques, programmes et projets de terrain est encouragée.

Différents éléments concrets sont suggérés et notamment l'organisation d'ateliers incitant les États à donner plus de places aux femmes dans les délégations d'experts, de négociateurs et de diplomates. Des actions d'éducation, de formation ou de sensibilisation sont également souhaitées. Un autre élément incitatif sera mis en place puisque la parité des équipes des pays sera notamment prise en compte dans l'attribution de postes à responsabilité dans les organes onusiens traitant du climat.

Le document souligne également que l'action liée à l'égalité des sexes engendre des avancées dans tous les domaines de l'accord de Paris.

Un premier bilan de ces actions est prévu l'an prochain.


Plus d'Information:

Questions de genre et changement climatique - Convention-cadre sur les changements climatiques

Print Friendly