La Commission européenne a publié le 1er juin 2026 une feuille de route pour éliminer progressivement les expérimentations réalisées sur les animaux dans les évaluations de sécurité des produits chimiques.
Contexte
En 2013, la Commission européenne avait totalement interdit les expérimentations animales pour les produits cosmétiques. Cependant, celles-ci restaient autorisées sous certaines conditions pour les pesticides, biocides et produits pharmaceutiques. Entre 2015 et 2023, plus de 15 millions d’animaux ont ainsi été utilisés dans l’UE pour des essais réglementaires, dont 40% pour la sécurité chimique, selon les données de la Commission.
Bien que l’Agence européenne des produits chimique (ECHA) oblige les entreprises à partager les résultats de leurs études réalisées sur des animaux, afin d’éviter les duplications inutiles, et qu’elle demande l’usage de méthodes alternatives dès que cela est possible, la transition reste lente.
En 2023, des réseaux européens de protection des animaux avaient lancé une initiative citoyenne européenne pour accélérer l’abandon des expérimentations animales. Celle-ci avait été bien accueillie par la Commission européenne.
Une feuille de route en trois axes
La feuille de route proposée ce mois-ci s’articule autour de trois grands axes :
Tout d’abord, les tests sur animaux devront petit à petit être remplacés par des méthodes innovantes comme les essais in vitro, ou les tests numériques, notamment grâce à l’intelligence artificielle, tout en maintenant un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement.
Le soutien à la recherche sera ensuite renforcé, notamment via des investissements dans les start-ups pour les biotechnologies. Il s’agit d’un domaine en forte croissance qui pourrait rapporter jusqu’à 30 milliards d’euros d’ici 2032.
Enfin, la feuille de route prévoit une meilleure coopération entres les acteurs du domaine (Etats membres, ECHA, et système international), afin d’harmoniser les règles de tests des produits chimiques.
A l’avenir
A court terme, la Commission européenne s’engage à mettre en œuvre 30 recommandations ciblées pour réduire et remplacer les tests sur les animaux.
Elle publiera également d’ici 2027 un rapport sur les besoins réglementaires, dans le but de valider les nouvelles méthodes de test. Celles-ci devraient ensuite être intégrées au Règlement REACH qui encadre les substances chimiques dans l’UE, grâce à une révision prévue au plus tard pour 2029. Les progrès sur les méthodes alternatives de tests seront aussi mis à jour dans un tableau de bord public.
Plus d’informations
Lien vers l’article de la Commission européenne sur la feuille de route


