Un manque d’espaces verts dans les villes européennes

In Actualité de l'Union européenne, Énergie - Environnement - Climat, Politique urbaine, Urbain by Occitanie Europe

Le Centre commun de recherche (JRC), en collaboration avec l’Université de Copenhagen, a publié le 13 avril dernier une étude sur 862 villes européennes qui fait état d’un manque d’espaces verts urbains et d’un accès très différencié selon des facteurs géographiques et socio-économiques.


Un accès aux espaces verts trop limité

Selon le Règlement pour la restauration de la nature, les villes de l’Union européenne doivent prévenir la perte d’espaces verts d’ici 2030. Face à l’augmentation de la population dans les zones urbaines, couplée à l’étalement urbain, cet objectif est un véritable défi pour les villes européennes qui ont plutôt tendance à voir leur couverture en espaces verts diminuer au fil du temps.

D’après l’étude, réalisée à partir d’images satellitaires et de données socio-économiques, seulement 13,5 % de la population urbaine européenne dispose aujourd’hui d’un accès satisfaisant aux espaces verts. Celui-ci est mesuré selon le principe « 3-30-300 » qui recommande d’avoir au minimum trois arbres en vue depuis son logement, 30 % de couverture végétale dans chaque quartier, et que chaque habitant vive à moins de 300 mètres d’un espace vert de haute qualité. 21 % des habitants des villes européennes vivent même dans des lieux ne cochant aucun de ces trois critères.


Une inégalité d’accès aux espaces verts

Ce taux d’accès aux espaces verts est cependant marqué par de fortes inégalités, d’abord liées au climat des villes elles-mêmes, mais aussi à des facteurs socio-économiques.

Les villes du Nord de l’Europe profitent d’un bien meilleur taux de couverture verte que celles du Sud, grâce à leur climat plus humide, favorable à la végétation. A titre d’exemple, Helsinki respecte à 57 % la règle des « 3-30-300 », tandis que Cordoue la respecte seulement à hauteur de 1 %.

Par ailleurs, l’accès aux espaces verts est également conditionné au niveau de richesses. En effet, les villes avec un plus fort PIB par habitant présentent généralement plus d’espaces verts que les villes un peu moins riches. En outre, cette fracture se constate aussi au sein même des villes, au niveau des quartiers, les zones à faibles revenus étant généralement celles où les espaces verts se font les plus rares.

Ainsi, les villes les plus riches d'Europe centrale et septentrionale sont environ deux fois plus susceptibles de satisfaire à ces normes de verdure que leurs homologues à faible revenu du Sud et de l'Est de l'Europe, ce qui soulève des défis inégaux sur la gestion des températures, la santé et le bien-être social, auxquels participe grandement la présence d’espaces verts dans les villes.


Les recommandations de l’étude

L’étude du JRC émet donc une série de recommandations pratiques pour un meilleur accès et un accès plus équitable aux espaces verts en ville. Celles-ci doivent s’intégrer dans une planification réfléchie des espaces urbains, afin de répondre aux problématiques liées au manque de place.

Elle préconise de prioriser les forêts périurbaines pour leur capacité à atténuer l’effet d’îlot de chaleur urbain et à améliorer la qualité de l’air, mais aussi d’étendre les programmes de plantation d'arbres à des terres privées et à des zones résidentielles. Celles-ci représentent actuellement des espaces sous-utilisés. Dans les zones urbaines les plus denses, il est recommandé d’accélérer le verdissement des bâtiments grâce à des murs et toits végétalisés. Enfin, les villes européennes doivent viser à libérer un maximum de surface urbaine utilisée pour les routes et les parkings, en favorisant l’usage des transports en commun et les déplacements à vélo, afin de pouvoir verdir ces espaces.


Pour plus d’informations

Lien vers l’étude