Le Comité des Régions demande le renforcement de la résilience hydrique

In Agriculture - Développement Rural, Énergie - Environnement - Climat by Occitanie Europe

Le Comité des Régions a adopté à l'unanimité le 4 mars dernier son avis sur la stratégie européenne pour la résilience hydrique. Il demande à la Commission d'intégrer la notion de résilience le plus en amont possible des politiques et de rendre systématique l'évaluation de la résilience et de la vulnérabilité aux catastrophes dans l'aménagement du territoire et pour les décisions d'investissement dans les infrastructures.


Contexte

La Commission a présenté le 4 juin 2025, sa stratégie européenne pour la résilience dans le domaine de l'eau. Les trois objectifs prioritaires de cette stratégie sont les suivants :

  1. Restaurer et protéger le cycle de l'eau comme base pour un approvisionnement en eau durable.
  2. Construire une économie économe en eau ensemble avec les citoyens, les collectivités et les acteurs économiques de manière à soutenir la compétitivité de l'UE, à attirer les investisseurs et à soutenir une industrie de l'eau florissante dans l'UE.
  3. Assurer un accès à une eau propre et abordable ainsi qu'à des services d'assainissement pour tous en tout temps, et donner aux citoyens les moyens de résilience face à l'eau.

La stratégie souligne le rôle clé des collectivités territoriales dans la gestion de l'eau, par leur connaissance des défis et ressources locaux.

Le Comité des Régions était invité à donner son avis sur la stratégie.


Demande de mesures adaptées aux réalités et contextes économiques et sociaux locaux

Selon le vice-président du Comité des Régions, et co-rapporteur sur cet avis, Juanma Moreno, "la succession continue d’inondations et de sécheresses montre que la résilience de l’eau doit être construite à partir de la base". Le Comité des Régions a ainsi demandé dans son avis que les régions et villes soient pleinement associées aux prises de décisions sur la planification et la gestion de l’eau, en particulier dans les bassins hydrographiques transfrontaliers.

Cette demande est justifiée par la corrélation directe entre le niveau de disponibilité naturelle de l'eau et le développement des régions. En effet, le manque d'eau pèse sur différents secteurs économiques, à commencer par l'agriculture, mais aussi dans le secteur des énergies par exemple. Le Comité souhaite que cela soit pris en compte dans la mise en œuvre de mesures de résilience hydrique, tout comme la dimension sociale, afin de prendre des mesures équitables.


Renforcement global de la prise en compte des enjeux hydriques

Parallèlement, les élus locaux et régionaux demandent une intégration systématique des questions de gestion de l'eau dans l'ensemble des politiques européennes. Ils proposent notamment qu'un "test de l'eau" soit appliqué aux actes législatifs européens et réclament des rubriques dédiées à la résilience hydrique dans le prochain cadre financier pluriannuel pour soutenir les régions confrontées à ces défis. Cela doit commencer par la réduction de la demande en ressources en eau, les économies et la réutilisation de l'eau, compris dans le principe de primauté de l'efficacité de l'eau proposé par la Commission et applaudi par le Comité.

En outre, le Comité des Régions réclame l'application du principe pollueur-payeur sur les ressources en eau et l'utilisation des meilleures techniques disponibles pour leur traitement et leur surveillance face à la pollution causée notamment par les PFAS, qu'il souhaite également limiter. Il avertit d'ailleurs sur la simplification de la législation européenne sur l'eau et le risque que cela représente sur les normes environnementales et, par ricochet, sur la santé publique.

Un soutien particulier est attendu dans le domaine agricole, premier consommateur d'eau, au travers de la PAC, afin de le moderniser pour limiter son impact.


Lancement simultané d'une Alliance européenne des régions pour la résilience et la préparation au changement climatique dans le domaine de l'eau

Le même jour, 19 régions du Sud et du centre de l'Europe, confrontées à la raréfaction des ressources en eau et aux événements climatiques extrêmes, ont annoncé le lancement d'une Alliance pour la résilience et la préparation au changement climatique dans le domaine de l'eau, afin de renforcer les partenariats stratégiques dans ce domaine et de structurer la coopération entre territoires. Cette alliance est menée par la Région italienne de l'Emilie-Romagne et devrait :

  • Encourager le dialogue interrégional et la participation des collectivités aux politiques européennes de l’eau,
  • Stimuler les investissements dans la résilience hydrique,
  • Accélérer la R&I dans les technologies d’économie et gestion de l’eau,
  • Favoriser le partage de connaissances et bonnes pratiques,
  • Participer à la sensibilisation des acteurs aux impacts du changement climatique,
  • Faciliter l’accès aux financements européens pour soutenir les infrastructures hydrauliques.

L'Occitanie a rejoint cette initiative. Elle figure en effet parmi les régions françaises les plus exposées au stress hydrique, avec un déficit en eau autour de 200 ou 250 millions de mètres cubes par an, avec un impact marqué sur le niveau des nappes phréatiques et le débit des cours d'eau et qui devrait s'aggraver dans les prochaines années.


Pour plus d'informations

Lien vers le communiqué de presse du Comité des Régions

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