Produits de la mer : l’UE est très dépendante des importations

In Alimentation, Économie bleue, Pêche by Occitanie Europe

Une étude commandée par la commission pêche du Parlement européen démontre l’aggravation de la dépendance européenne aux importations de produits de la mer provenant de pays tiers. Le taux d’autosuffisance de l’UE, qui s’élevait à 37,5 % en 2022, a drastiquement chuté à 14,2% (exportations exclues). Aujourd’hui, plus de 80% des produits de la mer consommés dans l’Union européenne sont importés, et certaines espèces sont particulièrement concernées : le saumon est presque intégralement importé de pays-tiers.


Des causes multiples

Cette augmentation de la dépendance s’explique par la stagnation de la production européenne, une réglementation assez complexe et des coûts de production en augmentation. Ceux-ci s’expliquent par l’inflation, les difficultés d’approvisionnement en énergie et la hausse de son prix, et l’impact du Brexit sur le secteur de la pêche. Ainsi, malgré des exemptions d’impôts, les coûts auxquels font face les Européens les mettent en difficulté vis-à-vis de la concurrence internationale. Les consommateurs ont donc tendance à se tourner vers les alternatives importées.

Celles-ci proviennent majoritairement de pays comme le Maroc, le Chili, mais aussi la Norvège et l’Islande.

Ces deux premiers pays sont avantagés par des coûts salariaux et énergétiques plus faible qu’en Europe, tandis que la Norvège et l’Islande se démarquent par leur productivité. Elles disposent en effet de flottes modernes avec de forts taux de capture, tandis que les flottes de l'UE sont vieillissantes et manquent d’investissement.

Mais les industriels du secteur critiquent aussi le manque de réglementations sur la durabilité entourant ces importations. Ainsi, beaucoup de produits proviennent de zones surexploitées, comme c’est le cas dans les eaux du Sahara occidental.

Ces éléments sont additionnés aux effets du changement climatique. Il contribue à diminuer les populations de poisson et la production de denrées de la mer : cela touche notamment la production de moules en Europe, permettant au Chili de gagner des parts de marché.

Les produits européens tentent néanmoins de se démarquer sur le marché par leur qualité.


Les recommandations de l’étude

Face à cette situation, les auteurs émettent plusieurs recommandations.

Selon eux, il est important que l’UE investisse et innove afin de développer et de diversifier ses activités d’aquaculture. Cela doit passer par des mécanismes de financements supplémentaires (en plus du soutien déjà effectif de la Banque européenne d’investissement, et des programmes FEAMPA et Horizon Europe), afin de permettre au secteur d’opérer sa transition verte et numérique, notamment en intégrant l’IA dans le domaine de la pêche. Ces financements doivent également encourager l’élevage de coquillages en mer et les systèmes d'aquaculture en recirculation (RAS), permettant l'élevage de poissons en environnement contrôlé.

Ils prônent aussi le développement d’un cadre législatif pour atteindre ces objectifs, en incluant l’aquaculture dans les dispositions du Pacte vert et en légiférant sur l’économie bleue.

Enfin, l’UE doit faire en sorte de garantir la durabilité des importations de produits de la mer dans ses accords commerciaux, afin de renforcer la sécurité alimentaire.

 


Pour plus d’informations, lien vers l’étude

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