La Commission européenne a publié un nouveau rapport consacré à la lutte contre les discours de haine dans le sport. Élaboré par le groupe de travail de la méthode ouverte de coordination dans le cadre du programme de travail de l’UE pour le sport 2024-2027, ce document formule une série de recommandations destinées aux États membres, aux fédérations sportives, aux plateformes numériques et aux autres acteurs du secteur afin de prévenir et combattre un phénomène en progression, tant sur les terrains que dans les espaces numériques.
Le rapport souligne que les discours de haine constituent une menace croissante pour les valeurs fondamentales du sport européen, telles que le respect, l’égalité, l’inclusion et la solidarité. Les auteurs constatent que les actes de haine touchent aussi bien le sport professionnel que le sport amateur et concernent particulièrement les enfants et les jeunes, de plus en plus exposés aux violences verbales et aux comportements discriminatoires.
L’étude met en évidence l’imbrication croissante entre les contextes en ligne et hors ligne. Les incidents survenant lors d’événements sportifs sont désormais rapidement relayés et amplifiés sur les réseaux sociaux, tandis que les campagnes de harcèlement numériques peuvent avoir des conséquences concrètes sur les athlètes, les arbitres, les officiels ou les supporters.
Le rapport identifie plusieurs catégories particulièrement vulnérables, parmi lesquelles les femmes, les personnes LGBTIQ+, les personnes en situation de handicap ainsi que les personnes issues de minorités ethniques ou religieuses. Les auteurs soulignent également la prévalence des discours racistes, sexistes, homophobes et transphobes dans certains environnements sportifs, qu’il s’agisse des tribunes, des compétitions ou des plateformes numériques.
Face à ces constats, le groupe d’experts appelle à renforcer les mécanismes de signalement et de collecte de données, encore jugés insuffisants. Le rapport souligne que de nombreux incidents ne sont pas déclarés en raison de la banalisation de certains comportements, de la crainte de représailles ou du manque de confiance dans les dispositifs existants.
Les recommandations mettent également l’accent sur la prévention. Les experts plaident pour le développement d’actions de sensibilisation, de programmes éducatifs et de formations destinés aux sportifs, entraîneurs, arbitres, dirigeants, bénévoles et supporters. Ils considèrent que la lutte contre les discours de haine doit s’inscrire dans une démarche de changement culturel de long terme et non reposer uniquement sur les sanctions.
Le document consacre par ailleurs une place importante aux enjeux numériques. Il recommande une coopération renforcée entre les organisations sportives, les autorités publiques et les plateformes en ligne afin de mieux détecter, signaler et supprimer les contenus haineux. Les experts encouragent également le recours aux mécanismes prévus par le Règlement sur les services numériques, notamment le rôle des « signaleurs de confiance », afin d'améliorer la modération des contenus illicites.
Enfin, le rapport insiste sur la nécessité d'améliorer l'accompagnement des victimes grâce à des dispositifs de soutien psychologique, juridique et social plus accessibles. Il souligne également l’importance d’intégrer des mesures de réhabilitation, de médiation et de justice restaurative afin de prévenir la récidive et de favoriser un changement durable des comportements.
Ce rapport devrait nourrir les futurs travaux européens en matière d’intégrité, d’inclusion et de protection des participants dans le sport. Ces recommandations pourraient ainsi inspirer de nouvelles initiatives de la Commission européenne et des États membres dans le cadre de la mise en œuvre du modèle sportif européen et du futur programme de travail de l’Union en faveur du sport.


