La qualité de l’emploi dans l’Union européenne s’est améliorée au cours des dix dernières années, selon le rapport 2026 sur l’emploi et la situation sociale en Europe publié par la Commission européenne. L’étude met en évidence des progrès dans trois dimensions essentielles : la rémunération, la sécurité de l’emploi et l’organisation du temps de travail.
Selon la Commission, l’amélioration de la qualité des emplois ne constitue pas seulement un enjeu social, mais également un facteur de compétitivité économique. Des emplois de meilleure qualité contribuent à accroître la productivité en renforçant la motivation des travailleurs, en réduisant le turnover, en favorisant le développement des compétences et en améliorant l’organisation du travail.
Le rapport souligne toutefois que plusieurs défis demeurent. La croissance de l’emploi ralentit progressivement dans l’Union européenne, tandis que la hausse des prix de l’énergie continue d’exercer une pression sur les revenus des ménages. Selon les prévisions citées par la Commission, le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient devrait entraîner la création d’environ 440 000 emplois de moins en 2026, sans pour autant provoquer une baisse brutale de l’activité économique.
Le document met également en évidence les écarts persistants entre secteurs d’activité. Les emplois de meilleure qualité sont plus fréquents dans les secteurs de l’information et de la communication, de la finance, de l’administration publique ou encore des activités scientifiques et techniques. À l’inverse, les secteurs confrontés aux plus fortes pénuries de main-d’œuvre, comme l’hébergement-restauration ou certains services peu qualifiés, offrent souvent des conditions de travail moins favorables, des emplois plus précaires et des rémunérations plus faibles.
La Commission relève par ailleurs que les salaires réels ont retrouvé leur niveau d’avant la pandémie et le dépassent désormais. En 2026, ils sont supérieurs de 1,4 % à ceux observés avant la crise du Covid-19, compensant ainsi les pertes de pouvoir d’achat enregistrées en 2022 et 2023 dans la plupart des États membres.
Le rapport insiste également sur les transformations induites par l’intelligence artificielle. Si l’IA peut améliorer la productivité et permettre aux travailleurs de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, ses effets dépendront largement des conditions de son déploiement. La Commission souligne l’importance du dialogue social, de la formation et de la représentation des travailleurs afin d’accompagner cette évolution technologique.
Enfin, la Commission européenne rappelle que l’amélioration de la qualité des emplois constitue une priorité politique pour les prochaines années. Elle prévoit de présenter d’ici la fin de l’année une Loi sur les emplois de qualité, annoncée par la présidente Ursula von der Leyen, afin de promouvoir des emplois plus sûrs, plus attractifs et mieux rémunérés dans l’ensemble de l’Union européenne.


