En 2022, l’Union européenne s’était fixé comme objectif, dans le cadre de sa stratégie pour l’énergie solaire, de mettre en place au moins une communauté énergétique fondée sur les énergies renouvelables dans chaque ville de plus de 10 000 habitants d’ici 2025.
Cinq ans plus tard, la Cour des comptes européenne constate que l’UE fait face à plusieurs obstacles qui l’empêche d’atteindre cet objectif.
Qu’est que les communautés énergétiques ?
Les communautés énergétiques sont des associations d’entreprises, particuliers ou collectivités locales qui produisent, gèrent et consomment leur propre énergie. Prenant souvent la forme de panneaux solaires sur les toits des maisons individuelles, il peut également s’agir d’une copropriété d’éoliennes par exemple. Selon la Commission européenne, ces communautés énergétiques pourraient avoir la capacité de produire 17% de l’énergie éolienne, et 21% de l’énergie solaire à l’horizon 2030. Elles sont donc un élément stratégique dans le développement de la production d’énergie renouvelable au niveau européen. Elles ont également l’avantage d’impliquer directement les citoyens dans la transition énergétique et de participer à la réduction de la précarité énergétique. Ainsi, les communautés énergétiques sont soutenues et éligibles à de larges financements européens.
Un retard important
Néanmoins, malgré cela, l’UE est encore loin de son objectif. En janvier 2025, seulement 27% des villes de plus de 10 000 habitants étaient dotées d’au moins une communauté énergétique renouvelable.
Selon la Cour des comptes européenne, l’objectif n’a pas été suffisamment suivi et a été ralentit par des obstacles aussi bien légaux que techniques.
La Cour des comptes relève tout d’abord un flou juridique autour des communautés énergétiques, freinant leur déploiement. Cela est notamment compliqué pour les immeubles en copropriété, dans lesquels la création d’une communauté énergétique va de pair avec la création d’une nouvelle entité juridique, complexifiant les tâches administratives.
Mais le problème majeur pour le développement des communautés énergétiques sont les difficultés de raccordement au réseau et le décalage temporel entre les périodes de production d’électricité (en journée) et de consommation des habitants (en matinée et en soirée). Cela suppose de trouver des solutions de stockage de l’énergie, qui ne sont pas encore assez largement déployées.
Le rapport de la Cour des comptes indique ainsi que d’ici 2030, les communautés énergétiques ne pourraient produire qu’environ 4% de l’énergie solaire et éolienne, un niveau bien inférieur à celui visé par la Commission européenne.
Les recommandations de la Cour des comptes
Pour s’approcher de son objectif initial, la Cour des comptes recommande à la Commission européenne de clarifier les règles entourant les communautés énergétiques d’énergies renouvelables, en particulier pour les copropriétaires. Elle propose également de redéfinir des objectifs atteignables, selon le modèle SMART et d’en améliorer le suivi, notamment en évaluant les obstacles au développement des communautés d’énergie.
Elle prône enfin un soutien accru aux ménages les plus vulnérables, afin de les inciter à prendre part à ces communautés et un renforcement des capacités de stockage de l’énergie, essentielles pour un déploiement des ces dispositifs à plus grande échelle.
Pour plus d'informations
Lien vers le rapport de la Cour des comptes
Lien vers les réponses de la Commission européenne


