La Cour des comptes européenne indique que l’étiquette «zone marine protégée» n’est pas gage d’une véritable protection

In Énergie - Environnement - Climat by Occitanie Europe

Dans son rapport spécial 25/2026, la Cour des comptes européenne estime que la désignation de zones marines protégées ne garantit pas nécessairement une protection efficace de la biodiversité marine. Les auditeurs européens alertent sur l’écart persistant entre les objectifs affichés par l’Union européenne et les mesures réellement mises en œuvre sur le terrain.

Alors que l’Union européenne s’est engagée, dans le cadre de sa stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, à protéger au moins 30 % de ses espaces marins, la Cour souligne que la superficie officiellement protégée ne reflète pas toujours un niveau de protection suffisant. Selon elle, de nombreuses zones marines protégées continuent d’autoriser des activités susceptibles d’exercer des pressions importantes sur les écosystèmes marins.

Les auditeurs constatent notamment que les niveaux de protection appliqués varient fortement d’un État membre à l’autre. Certaines zones bénéficient de mesures de conservation strictes, tandis que d’autres ne disposent que de restrictions limitées, malgré leur statut officiel de protection. Cette situation réduit l’efficacité globale du réseau européen de zones marines protégées.

Le rapport met également en évidence des lacunes en matière de gestion, de surveillance et de contrôle. La Cour estime que les objectifs de conservation ne sont pas toujours clairement définis et que les données disponibles restent parfois insuffisantes pour évaluer l’état réel des habitats et des espèces protégées. Le manque de suivi complique ainsi l’évaluation de l’efficacité des mesures mises en œuvre.

Par ailleurs, la Cour des comptes européenne relève que plusieurs activités économiques continuent d’exercer une pression sur les milieux marins, notamment certaines pratiques de pêche, les transports maritimes ou encore les aménagements côtiers. Les auditeurs soulignent qu’une protection effective nécessite une meilleure articulation entre les politiques environnementales et les autres politiques sectorielles.

Afin d’améliorer la situation, le rapport recommande à la Commission européenne et aux États membres de définir plus clairement les niveaux de protection attendus, de renforcer les dispositifs de suivi et de contrôle, et d’améliorer l’évaluation des résultats obtenus en matière de restauration et de préservation des écosystèmes marins.

Pour la Cour, l’enjeu est désormais de passer d’une logique fondée principalement sur la superficie protégée à une approche davantage centrée sur les résultats. Dans un contexte de dégradation continue de la biodiversité marine et de multiplication des pressions liées au changement climatique, la qualité de la protection accordée aux espaces marins apparaît aussi importante que leur extension.


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