L’Europe doit accélérer ses efforts en recherche et innovation pour préserver sa compétitivité

In Recherche - Innovation - Entreprises by Occitanie Europe

La Commission européenne a publié l’édition 2026 de son rapport sur les performances de l’Union européenne en matière de science, de recherche et d’innovation (SRIP). Le constat est le suivant : si l’Europe conserve des atouts scientifiques de premier plan, elle doit désormais renforcer sa capacité à transformer l’excellence de sa recherche en innovations industrielles, en gains de productivité et en leadership économique pour rester compétitive face aux États-Unis et à la Chine.


Le rapport souligne que la science, la recherche et l’innovation constituent des leviers essentiels pour soutenir la croissance européenne dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la concurrence technologique mondiale et le ralentissement de la productivité. Selon la Commission, la compétitivité, la résilience et l’autonomie stratégique de l’Union dépendront de sa capacité à créer de nouvelles connaissances mais surtout à les diffuser et les valoriser à grande échelle.


Trois principaux défis sont identifiés. Premièrement, l’Union dispose encore d’une base scientifique solide mais celle-ci est de plus en plus sous pression dans un environnement mondial en rapide évolution. Deuxièmement, le système européen de recherche et d’innovation demeure fragmenté entre États membres, régions et institutions. Enfin, l’Europe peine à faire émerger des entreprises capables de déployer leurs innovations à grande échelle et de conquérir les marchés mondiaux.


En matière d’investissement, l’Union européenne a augmenté ses dépenses de recherche et développement au cours des deux dernières décennies. L’intensité de R&D est passée de 1,81 % du PIB en 2000 à 2,24 % en 2024. Toutefois, ce niveau reste inférieur à l’objectif européen de 3 % et demeure en retrait par rapport à plusieurs concurrents mondiaux, notamment les États-Unis (3,45 %), le Japon (3,44 %) et la Corée du Sud (4,96 %).


Le rapport relève également un déficit persistant dans plusieurs technologies stratégiques. Si l’Europe conserve des positions solides dans les matériaux avancés, certaines technologies industrielles et les technologies vertes, elle reste à la traîne dans des domaines clés tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs avancés ou encore le cloud computing. Cette situation accroît les dépendances technologiques de l’Union et soulève des enjeux croissants de souveraineté économique.


La question du financement de l’innovation constitue un autre défi majeur. Malgré les progrès réalisés dans le développement de l’écosystème européen des start-up, les entreprises innovantes rencontrent encore des difficultés à accéder aux financements nécessaires à leur développement. Près de la moitié des financements destinés aux entreprises européennes de haute technologie en phase de croissance proviennent encore d’investisseurs situés en dehors de l’Europe.


Le rapport met également en avant les disparités territoriales qui caractérisent l’écosystème européen de recherche et d’innovation. Les capacités scientifiques et technologiques restent fortement concentrées dans certaines régions et grandes métropoles, tandis que d’autres territoires peinent à valoriser pleinement leur potentiel. La Commission souligne ainsi l’importance de renforcer les stratégies de recherche et d’innovation ancrées dans les territoires afin de soutenir la compétitivité, la cohésion et la transition écologique dans l’ensemble de l’Union.


Enfin, l’intelligence artificielle apparaît comme un révélateur des forces et des faiblesses européennes. Si les villes européennes demeurent bien positionnées dans la production scientifique liée à l’IA, la part de l’Union dans les brevets mondiaux du secteur continue de reculer. Le rapport appelle ainsi à renforcer les investissements dans les infrastructures de calcul, les données et les compétences afin de permettre à l’Europe de tirer pleinement parti de cette révolution technologique.

Pour la Commission européenne, ces constats doivent alimenter les futures orientations de la politique européenne de recherche et d’innovation. Dans un contexte marqué par la volonté de renforcer la compétitivité européenne, plusieurs initiatives relatives au financement de l’innovation, au passage à l’échelle des technologies stratégiques, à l’intelligence artificielle et à la valorisation de la recherche devraient ainsi nourrir les prochains travaux de la Commission et son futur programme de travail.


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Lien du rapport

Communiqué de presse de la Commission