Le futur de l’Europe est numérique : retour sur le Digital Day

 

Le numérique était à l’honneur lors des célébrations des 60 ans du Traité de Rome. Le Digital Day, une conférence d’une journée sur le numérique, s’est déroulé à Rome et a réuni les ministres des Etats membres et la Commission européenne.

L’objectif est de stimuler la coopération entre les Etats membres pour mieux préparer les Européens et l'industrie européenne à tirer parti des avantages de la transformation numérique. Andrus Ansip, vice-président du Marché unique numérique, a déclaré que le Digital Day permettait de s’assurer que le numérique est une ressource positive, dans les lois et politiques européennes, dans l'économie européenne, dans la société européenne et dans la vie de tous les Européens.

Les ministres européens se sont engagés pour la mobilité connectée, le calcul à haute performance et la transformation numérique des entreprises. La Commission européenne a présenté une mise à jour du cadre d'interopérabilité européen.

 

Faire de l’Europe un acteur mondial en matière de calcul de haute performance

Les superordinateurs analysent de très grandes quantités de données en temps réel et permettent d’importantes avancées technologiques, comme la simulation des effets de nouveaux médicaments. A l’heure actuelle, l’industrie européenne produit seulement 5 % des ressources en calculs de haute performance mais en consomme un tiers. Les Etats-Unis, la Chine et le Japon sont plus avancés que l’Union européenne (UE) en la matière.

L’objectif est donc de faire de l’Europe un acteur mondial en matière de calcul de haute performance. La France, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne ont présenté une déclaration commune. La Norvège et la Suisse ont également signé ce document.

Il comporte plusieurs objectifs :

  • Travailler au développement d’une structure de coopération (EuroHPC) pour acquérir et déployer une infrastructure de calcul de haute performance, capable d’effectuer 1018 calculs à la seconde.
  • Travailler avec la Commission sur un plan d’action pour cette structure avant la fin 2017.

Cette structure serait accessible dans toute l’Union européenne pour les communautés scientifiques, l’industrie et le secteur public. Elle soutiendrait également le nuage européen pour la science ouverte. Il offre un espace virtuel de stockage, de partage et de réutilisation des données. Il sera accessible aux 1.7 million de chercheurs et aux 70 millions de professionnels de la science et la technologie européens, dans toutes les disciplines et à l’échelle transnationale.

 

Coopérer dans le domaine de la mobilité connectée et automatisée 

29 pays européens, membres de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, ont signé une lettre d’intention visant à intensifier la coopération sur les essais transfrontaliers de conduite connectée.

L’objectif est d’harmoniser les règles d’accès aux données, de responsabilité et de connectivité afin d’établir, avec la Commission, un cadre juridique européen. Dans un premier temps, la Commission procèdera à un inventaire des toutes les activités et politiques transfrontalières en la matière dans les Etats membres.

Cette initiative entre dans le cadre de la stratégie de la Commission visant à créer une économie européenne fondée sur les données et dans la stratégie de l'Union européenne pour une mobilité coopérative, connectée et automatisée.

 

Développer une plateforme européenne pour la transformation numérique des entreprises

Lors du Digital Day, le Commissaire Oettinger et les autres participants ont lancé une plateforme européenne sur la transformation numérique des entreprises. Elle regroupe 12 initiatives nationales existantes et 9 autres en projet.

Cette plateforme vise à favoriser les investissements conjoints et la coopération transfrontalière et entre secteurs. Elle mettra en commun les ressources et les co-investissements pour aider les petites et grandes entreprises, les chercheurs et les autorités publiques à intégrer les nouvelles technologies.

D’ici à 2021, plus de 50 milliards d’euros d’investissement sont prévus par les États membres, l'Union européenne et les entreprises pour atteindre cet objectif.

 

Stimuler les compétences numériques des Européens

Le futur du numérique s’envisage également au niveau de l’emploi. Développer les compétences numériques des Européens pourrait permettre de réduire le taux de chômage, en particulier chez les jeunes.

En effet, 2 millions de jeunes sont sans emploi et 40 % des entreprises peinent à recruter des spécialistes des technologie de l’information et de la communication. Il y a une inadéquation entre les compétences des demandeurs d’emploi et les besoins du marché du travail.

L’Union européenne souhaite donc conjuguer les efforts des partenaires sociaux, des entreprises, des établissements d'enseignement et de la société civile. Dans ce cadre, elle a lancé le projet pilote Exploiter les possibilités offertes par le numérique. Il permettra à 6 000 étudiants du deuxième cycle de bénéficier d’une expérience professionnelle dans le numérique, entre 2018 et 2020. Ils pourront effectuer des stages rémunérés de cinq à six mois, dans des secteurs très spécialisés (cybersécurité, mégadonnées, intelligence artificielle) ou plus généraux (conception de sites web, développement logiciel).

Cette initiative s’appuie sur des programmes et réseaux européens existants, tels que la coalition en faveur des compétences et des emplois numériques. Elle s’inscrit dans le nouvel Agenda des compétences pour l’Europe, publié en juin 2016 par la Commission européenne.

 

Un nouveau cadre pour les services publics numériques

La Commission européenne a présenté une mise à jour du cadre d’interopérabilité européen lors du Digital Day. Cela s’inscrit dans la stratégie pour un marché unique numérique lancée en mai 2015.

L’objectif est de garantir que les administrations nationales aient une approche commune pour leurs services en ligne et respectent les règles de sécurité et de protection des données. En pratique, cela se traduit par 47 recommandations sur

  • l'ouverture et la gestion de l'information ;
  • la portabilité des données ;
  • la gouvernance de l'interopérabilité ;
  • et la prestation de services intégrée.

Cela permettra aux usagers de communiquer avec les administrations nationales hors de l’UE et donc de rendre ces services accessibles au-delà des frontières.

 

A venir

En mai 2017, la Commission présentera son examen à mi-parcours de la stratégie pour un marché unique numérique, qui fera le bilan des progrès accomplis jusqu'ici et recensera les tâches qui restent à réaliser. Cet examen sera accompagné du rapport sur l'état d'avancement du numérique en Europe, qui contiendra une évaluation approfondie des avancées de l'UE et des États membres en matière de développement numérique et identifiera d'éventuelles mesures pour contribuer à l'amélioration des performances numériques nationales.

 

Plus d'informations :

Le Digital Day

Communiqué de presse détaillé

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