Le Centre Commun de Recherche (JRC) a publié ce mardi 17 février un rapport analysant le niveau d’appropriation des ressources en eau douce renouvelables dans les bassins versants européens. Cette étude est fondée sur des estimations de la demande en eau de divers secteurs économiques et des volumes d’eau douce disponibles. Elle a pour but de soutenir la Stratégie européenne de résilience pour l’eau.
Une pression soutenue sur les ressources en eau
En Europe, la demande annuelle en eau atteint un volume entre 140 et 200 milliards de mètres cube. Cette forte demande est principalement liée aux activités économiques, à commencer par l’agriculture. L’irrigation des terres est en effet la première source de consommation d’eau, à laquelle s’ajoute les besoins en eau du bétail, exerçant souvent une pression intense sur les bassins versants.
La production d’énergie, par le refroidissement des centrales notamment, l’industrie et la distribution d’eau via les réseaux publics représentent également des volumes significatifs.
Toutes ces activités engendrent une appropriation de 10 à 50% des disponibilités en eau renouvelable. Dans certaines régions, la pression est telle que la demande dépasse la disponibilité de l’eau. Cela résulte en l'utilisation d'eau non renouvelable, en particulier la surexploitation des nappes phréatiques, ou le transfert d’eau entre bassins fluviaux.
Néanmoins, cette tension sur les ressources en eaux est géographiquement très inégale. Si les pays scandinaves n’exercent que peu de pression sur leur ressources grâce à l’abondance de ces dernières, le sud de l’Europe et le bassin méditerranée connait une situation bien plus tendue, allant parfois jusqu’au stress hydrique.
En Europe centrale cependant, l’appropriation de l’eau est plus modérée et mieux répartie entre les différents secteurs d’activité.
L’impact du changement climatique
Avec le réchauffement climatique, la disponibilité en eau risque de chuter à travers l’Europe, mais de manière inégale, renforçant les écarts déjà observables. Les ressources vont se raréfier sur le bassin méditerranéen, ce qui augmentera encore mécaniquement la pression dans ces régions.
Contributions sectorielles à l'appropriation et changements selon les scénarios climatiques. Source : CCR/JRC
Réutiliser l’eau pour améliorer la résilience
Malgré cela, il est possible de réduire l’appropriation des ressources en eau en encourageant leur réutilisation.
C’est une solution particulièrement pertinente pour l’irrigation, secteur pour lequel la réutilisation des eaux usées urbaines après traitement est adaptée et permettrait de réduire l’appropriation de l’eau de 5 à 20%.
L’eau utilisée dans le secteur énergétique peut également très souvent être réutilisée. Cela est en revanche plus complexe pour les eaux industrielles à cause des risques de pollution.
La réutilisation de l’eau devient en tout cas en enjeu de plus en plus important pour la résilience hydrique.
Pour en savoir plus, lien vers la publication du CCR (JRC)




