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Quo vadis Europa?

Dans le cadre de la célébration, fin mars, du soixantième anniversaire du Traité de Rome, la Commission a décidé de publier un Livre blanc, document de réflexion sur l'avenir de l'Union.

Le 1er mars, le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a présenté aux députés européens 5 scénarios de la Commission sur la manière d'organiser la vie commune à 27 d'ici à 2025, une fois le divorce avec le Royaume-Uni consommé.

  • Le statu quo: l'Union se concentre sur des objectifs resserrés (approfondissement du marché unique, lutte contre le terrorisme et les changements climatiques, défense, accords commerciaux ciblés) ;
  • Le marché intérieur et rien d'autre: l'Union adopte la vision britannique visant à faire de l'Europe un grand marché débarrassé de ses valeurs fondamentales ;
  • Autoriser les avant-gardes: Une intégration plus poussée dans les domaines de la défense, la justice et les affaires intérieures et l'harmonisation fiscale, pour les États membres qui le souhaitent (Europe à géométrie variable) ;
  • Faire plus avec moins: l'Union avance dans certains domaines prioritaires (innovation, gestion du phénomène migratoire, commerce) mais délaisse d'autres politiques sectorielles (contrôle des aides d’État, emploi, affaires sociales) tandis que le budget est redéfini pour s'adapter à ces nouvelles priorités ;
  • Plus d'intégration: l'Union décide de communautariser davantage de domaines d'action (union budgétaire et défense) et se dote d'un budget en conséquence et de mécanisme plus rapides pour décider et faire respecter les règles.

Les réactions entre satisfaction et déception.

Du côté des régions, plusieurs autorités locales et régionales ont fait part de leurs préoccupations à la commissaire à la Politique régionale, Corina Crețu. Les régions ont critiqué le fait que la politique régionale puise être l'un des domaines d'activité où l'Europe pourrait à l'avenir se restreindre, voire s'abstenir (scénario 4). En outre, le scénario 2 est aussi pointé du doigt. En effet, s'il n'y a plus que le marché unique, alors les autres politiques européennes deviendraient caduques, et parmi elles, la politique de cohésion.

Les ministres des Affaires étrangères de France, Jean Marc Ayrault, et d'Allemagne, Sigmar Gabriel, ont déclaré conjointement que l'Union européenne est "beaucoup plus qu'un marché unique" car "elle est fondée sur des valeurs communes, la solidarité et l’État de droit".

L'Union des fédéralistes européens se réjouit du coup d'envoi d'un débat approfondi sur l'avenir de l'UE. Selon son président, Elmar Brok, l'Union ne peut pas rester figée ou être détricotée, ni se résumer à un simple marché unique.

Le Centre européen des entreprises à participation publique et des entreprises d'intérêt économique général (CEEP) espère que les choix sur l'avenir de l'UE qui seront opérés seront guidés par l'intérêt général de tous les citoyens européens et non pas par les opportunités électoralistes, alors que se profilent cette année les élections législatives aux Pays-Bas, en Bulgarie, en France et en Allemagne.

Chez les syndicats européens, la déception est au rendez-vous. La Confédération européennes des syndicats (CES) a déclaré qu'aucun des scénarios ne mentionne ce dont les travailleurs ont besoin, ni ce que les syndicats et la société civile souhaitent : une Europe plus juste, durable, démocratique et inclusive.

 

 

 

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